Bertrand Le Page
Premier manager de Mylène, il a aidé notre chanteuse à être ce qu'elle est aujourd'hui. Elle le lui doit en partie. Il a connu les débuts de Mylène, l'a conseillée, s'est débrouillé pour que ses chansons soient diffusés le plus possible.
En tout cas, moi il m'a toujours intriguée. Je crois que c'est un personnage qui me fascine beaucoup. Ce côté passionné, un peu fougeux font que je pense qu'il devait être quelqu'un d'intéressant, tout en mettant de côté ses excès de colère, j'essaie de me focaliser sur le positif. En dehors de ça, il paraît que c'était quelque d'entier qui était en avance sur son temps, un bosseur acharné et passionné...
Je ne veux pas créer de polémiques ou autres mais j'aimerais copier un message d'une ex chanteuse qui parle de lui. C'est un message que j'ai trouvé sur un forum.
Elle "accuse" un peu Mylène suite à la longue chute de Bertrand , moi je n'ai aucune opinion là-dessus. Si Mylène a choisi de rompre les liens avec lui, c'est qu'elle avait ses raisons, je n'ai pas à en juger, ni moi ni personne d'autre.
Mais je trouve que cette ex chanteuse parle bien de Bertrand, qu'elle nous montre un peu sa vision de l'homme et du manager qu'il était. Alors essayez d faire abstraction du reste et focalisez vous juste sur ce message hommage que je trouve vraiment beau. Merci à elle de rappeller qui il était, professionnellement et humainement: un passioné. Quant au reste, c'est une histoire qui regarde Mylène et Bertrand.
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Mon histoire avec Bertrand
Je m'appelle Pascale Schembri.
À l'époque Bertrand avait changé l'orthographe de mon nom en CHAMBRY... mais il aimait à me répéter qu'avec un nom comme ça je ne pourrais jamais réussir dans la chanson.... Il était impossible pour moi d'en changer ! Je n'ai pas réussi dans la chanson en tant que chanteuse, c'est vrai. En revanche j 'écris toujours des textes...
Écrire ces mots c'est me rapprocher un peu de Bertrand....
J'ai toujours à l'esprit ce moment fragile où nous nous sommes parlé pour la dernière fois, deux jours avant sa mort. J'étais au chevet de
ma grand-mère, lorsque Bertrand m'a téléphoné... Je ne pouvais lui parler et promis de le rappeler au plus vite... mais les circonstances étaient telles que j'ai appris sa mort avant de lui retéléphoner. Mauvais hasard, ma grand-mère et Bertrand ont été enterrés le même jour... c'est pourquoi je n'ai pu me rendre à Saint-Malo.
J'aurais aimé être auprès de sa maman. Madeleine une vraie maman, Bertrand avait une affection touchante et un respect total pour elle.
J'ai travaillé 10 ans auparavant avec Bertrand. Nous avions un superbe projet : un album dont j'ai écrit tous les textes. J'ai choisi de travailler avec cet homme hors du commun, directeur artistique chez TRÉMA (une petite maison de disques,) plutôt qu'avec les directeurs artistiques d'un major. Juste pour lui.
Bertrand était différent, il se dégageait de lui une puissance enivrante, une merveilleuse énergie communicative. Il voulait vivre fort, être reconnu pour son talent de manager, et pour ses qualités artistiques, une aubaine pour moi, jeune chanteuse sans expérience....
J'étais subjuguée par ce petit "Tintin" un peu fou, délirant, chantant à tue tête ses chansons préférées, déclinant des poèmes, un romantique, dans le grand sens du terme qui envoyait des bouquets de fleurs blanches merveilleux. J'ai découvert un vrai passionné de musique, de cinéma, d'astrologie, un homme cultivé et intelligent, un coeur énorme et une soif d'amour que rien ni personne n'étancherait jamais. Mais je n'étais qu'une enfant et je n'ai jamais percé son mystère.
Aujourd'hui je comprends mieux son désir d'amour, son dégoût aussi. Certaines personnes l'ont abandonnées après avoir utilisé ses talents de producteur, manager, styliste, confident. Il avait un talent fou cet homme là, une sensibilité rare, que je n'ai jamais ressentie chez aucune autre personne.
Bertrand a construit sa vie à force de courage et de détermination, Il est arrivé à Paris sans un sou, seul. Petit à petit, il a acquis une place respectée dans le métier du showbiz. Il a été critiqué, copié, adulé, admiré, courtisé, et abandonné, oublié. Il en était très malheureux, et comme les animaux sauvages blessés, il est allé se cacher pour mourir...
Il a quitté Paris et l'ingratitude.
J'ai été extrêmement surprise et déçue que personne n'évoque Bertrand et son importance dans la vie de MF. Déçue surtout que M Farmer n'ait pas jugé utile de parler de Bertrand après sa mort...son silence fut interprété comme un dernier abandon. Lui rendre hommage sur les plateaux télé, en radio aurait été une belle façon de lui dire au revoir... un départ si tragique ne peut laisser personne de marbre ? Non ?
Il n'est pas question de faire de l'ombre à cette femme et artiste, mais il me semble totalement injuste d'oublier qu'il est à l'origine de sa carrière, de son style, de son mystère. Il la protégeait de tout, lui était plus que dévoué et savait comment jouer avec les journalistes. A cette époque, il était heureux, je crois.
IL aimait faire partager son savoir, son expérience de manager : Anthony Souchet, alors petit attaché de presse chez Tréma, a profité largement de ses conseils. J'ai assisté souvent à des "cours" que lui Prodiguait Bertrand. Anthony, se souvient-il à quel point ces conseils lui ont été précieux et lui servent aujourd'hui dans sa vie ? A quel point l'amitié de Bertrand était forte. Nous avions souvent des rendez-vous autour de sa table du salon où il nous faisait écouter des chansons, des musiques, des opéras... Nous lisions la presse, et commentions nos télés pour les uns, nos textes pour les autres. Il était une sorte de coach, en fait...cet homme était avant-gardiste...parfois incompris, parce que trop en avance sur son temps.
Voilà, je suis attristée lorsque je pense que cet homme est mort avant d'avoir livré son grand secret d'amour : il l'a crié, crié comme on crie dans les tempêtes que livrent les mers de sa Bretagne natale. Mais qui a entendu ? Xavier sigala l'a entendu ...mais qui d'autre ?...
Y aura t-il quelqu'un qui honnêtement pourra après la lecture de ces quelques pages dire...."c'est injuste, moi j'ai été là pour lui» ! Non personne ne pourra le dire.
J'ai envie qu'une chanson porte son nom et raconte son histoire : celle d'un homme qui est mort par manque d'amour
Pascale CHAMBRY, Octobre 2004